Cinq bonnes raisons de faire aujourd’hui un diagnostic de portefeuille
31 août 2026

À quand remonte la dernière fois où vous avez véritablement regardé votre portefeuille; non pas le solde, mais sa raison d’être, sa concentration, son coût ainsi que la création de valeur des relations qui s’en occupent ?
Lorsque je conseillais des institutions, cet exercice s’imposait par la structure de gouvernance en place. Lors de mes plus récentes années auprès des familles, la réponse a oscillé entre « il y a longtemps » et « jamais vraiment ». Ce n’est pas un reproche : en investissement l’inaction peut être signe de discipline, le temps étant l’allié de l’investisseur. Mais entre l’inaction consciente et celle involontaire, il y a une distinction importante. Le diagnostic de portefeuille est un geste clé vers le succès en investissement. En cette fin de premier semestre 2026, il y a au moins cinq raisons d’y consacrer un peu de temps.
- Une offre améliorée
La première touche l’évolution rapide des solutions disponibles et de leur qualité. Révolu est le temps où choisir un gestionnaire de patrimoine revenait essentiellement à choisir qui peut acheter et vendre en votre nom des titres nord-américains, mais surtout canadiens. Aujourd’hui, le conseiller intégré que vous engagez coordonne votre fiscalité personnelle et corporative, votre planification successorale, vos assurances et vos décisions philanthropiques. L’industrie a évolué vers un modèle intégré, où la cohérence de l’ensemble peut générer autant de valeur pour une famille que la performance d’un compte isolé. De plus, l’accès à des stratégies d’investissement institutionnelles (diversifiantes, plus performantes et moins coûteuses) a explosé. Un diagnostic permet de constater, simplement, si votre structure actuelle a suivi ce que le marché offre aujourd’hui, ou si elle s’est figée dans un modèle plus ancien.
2. Des options bonifiées…et complexifiées
La deuxième raison découle naturellement de la première : il y a plusieurs modèles d’affaires pour accéder à des stratégies institutionnelles; les placements dits alternatifs ont généré un nouveau jargon et de nouveaux risques à comprendre; la complexité du patrimoine, elle aussi, a augmenté. Plus rares sont les familles pleinement au fait des subtilités de leur structure financière ainsi que des compromis implicites à celle-ci. On ne peut les blâmer quand comptes enregistrés, comptants, sur marge, société de gestion et fiducie ont chacun leur propre logique fiscale, leurs propres règles d’attribution et leur propre horizon, en plus des placements et crédits privés, infrastructure ou immobilier en direct, en fonds fermés ou en fonds ouverts. La première étape du diagnostic consiste précisément à simplifier, vulgariser et éclaircir. La deuxième à reconstituer la vue d’ensemble pour éviter chevauchements involontaires, inefficacités fiscales et risques de concentration passés inaperçus.
3. Les perturbations et les fins de cycle
Le troisième élément est plus conjoncturel, mais impossible à rater : les marchés financiers et l’ordre géopolitique traversent un changement de régime. Pendant plus de trois décennies l’accélération de la mondialisation était une toile de fond géopolitique connue et comprise. Pendant 15 ans, le soutien des banques centrales a tiré les rendements vers le haut. Au point où, comme l’écrivait récemment notre collègue Michael, la diversification semblait coûteuse. Ce contexte se transforme. Les échanges commerciaux sont remis en question, les taux d’intérêt ont retrouvé un niveau reflétant un risque d’inflation, les premiers gagnants de l’intelligence artificielle font face à de nouveaux compétiteurs, alors que les évaluations supposent une accélération soutenue des profits. Un portefeuille construit pour le régime précédent n’est pas nécessairement bien adapté à celui qui s’installe.
4. Un achat majeur chaque année
La quatrième raison est souvent la plus négligée, alors qu’elle est quantifiable et logique. Votre relation avec votre gestionnaire de patrimoine est, sur la durée d’une vie adulte, l’une des relations financières les plus importantes que vous établirez. On mentionne souvent l’achat d’une maison ou d’une auto comme de grandes décisions financières, et c’est vrai pour un instant donné. Peu de gens réalisent que pour un couple arrivant à la retraite avec des comptes enregistrés maximisés, les honoraires peuvent facilement atteindre l’équivalent de l’achat d’une petite auto CHAQUE ANNÉE. Pour des entrepreneurs, dont la ou les entreprises ont connu du succès, les honoraires peuvent représenter l’équivalent de l’achat d’un bien immobilier. Pourtant, peu de gens magasinent cette relation avec le même sérieux. Évidemment, les honoraires ne représentent qu’un côté de la médaille, ceux-ci doivent être relativisés à la création de valeur de votre relation de gestion : les conseils que vous recevez, les erreurs que vous évitez, les opportunités qui vous sont identifiées et leur intégration à vos besoins. Un diagnostic vise justement à confirmer, avec recul, que ce que vous achetez vaut ce que vous payez.
5Vous!
C’est la raison la plus intemporelle et fondamentale. La vie ne tient pas en place : mariage, divorce, arrivée d’un enfant, départ d’un parent, vente d’une entreprise ou tout simplement une évolution dans votre vision et vos valeurs pour votre patrimoine. Chacun de ces événements influence ce que votre portefeuille doit accomplir. Les structures d’il y a cinq ans peuvent aujourd’hui être désalignées avec vos objectifs réels. Le diagnostic de portefeuille, à son meilleur, n’est pas un exercice abstrait sur des rendements : c’est une conversation sur ce que vous voulez accomplir avec votre patrimoine.
Aucune de ces cinq raisons isolément n’exige une refonte. C’est précisément l’intérêt du diagnostic : il ne présume rien. Il propose simplement de poser à plat ce que vous avez, de le comparer au meilleur de l’industrie, de discuter de ce dont vous avez besoin, et de nommer les écarts s’il y en a. Dans la plupart des cas, il ressort quelques ajustements ciblés et judicieux. S’il confirme que tout est en ordre, c’est une réponse parfaitement valable. Mais sans l’exercice, on ne sait pas. En gestion de patrimoine, ne pas savoir est rarement une recette gagnante.
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